Pour toi

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Chère et belle inconnue,

 

Voici donc, chère et belle inconnue, un blog qui t’est dédié. Si j’ai mis ce blog en ligne, c’est, bien sûr, pour ne pas que tu le demeures, inconnue. Tu as vingt ans, ou quarante-cinq, tu as des rondeurs ou tu es mince, tu es typée européenne ou de partout ailleurs. Tu n’es pas une, bien sûr, mais toutes les femmes que je ne connais pas, ce qui en fait beaucoup.

 

Celles qui ne me le sont pas, inconnues, il n’y a pas tant que ça. Un de ces jours je te parlerai d’elles ; ou peut-être sur plusieurs jours, en attendant que tu te manifestes. Car ce que j’espère, bien sûr, ce que tu m’écrives et avoir l’occasion de te connaître. 

 

Le blog commence à Les enfants ont aussi des fantasmes

 

Bisous à toi

 

Soda

Vendredi 24 novembre 2006

Chère inconnue

Aussi loin en arrière que ma mémoire peut me porter, je ne me souviens que de la fascination que les filles ont toujours exercé sur moi. Je les regardais de loin, sans oser aller leur parler, avec une envie de … je ne sais quoi, à vrai dire. De les toucher, de les embrasser, de les regarder nues, peut-être. Si un adulte m’avait demandé quelle fille me plaisait j’aurais certainement rougi ; s’il avait su me mettre en confiance avant de me poser la question, je lui aurais certainement avoué plusieurs noms. Si une de ces filles avait fait preuve d’initiative, était venue vers moi et avait su surmonter ma timidité, j’aurais été le garçon le plus heureux au monde.

En revanche, si l’adulte m’avait posé la même question a-propos d’un garçon, ça m’aurait semblé une question complètement saugrenue ; « un garçon qui me plaît ?!?!?! » Si un garçon m’avait abordé, ce qu’il m’aurait voulu m’aurait complètement échappé.

Je me souviens que vers l’âge de onze ou douze ans, des camarades qui se la jouaient je-sais-tout et voulaient me montrer que je ne savais rien, m’ont demandé si je savais ce qu’était un homosexuel. Je me souviens avoir répondu « un homme qui se prend pour une femme. » Eux, qui disaient si bien tout connaître m’ont dit que non, pas du tout, c’était un homme efféminé. A cette même occasion j’ai appris qu’il y avait un mot pour désigner la même chose chez les femmes, lesbienne ; ça ne m’avait jamais traversé l’esprit qu’il pouvait y avoir des homosexuelles femmes.

A ma décharge je tiens à te signaler que je vivais dans un pays et à une époque où la sexualité était bien encore un sujet tabou et non une question de société comme aujourd’hui.

Tout ça pour dire à quel point l’homosexualité a toujours été pour moi quelque chose de fondamentalement étranger. La première fois que j’ai eu l’occasion de voir un homosexuel de près a été à l’âge, je pense, de seize ans. Une de mes activités extra-scolaires, je la faisais avec des adultes ; et lors d’une des soirées qu’on a faites, on s’est retrouvés chez des gens que je ne connaissais pas. J’ai bien discuté avec l’un d’eux, qui devait avoir dans les vingt-cinq ans et, à un moment donné, il m’a fait la bise avec un sourire d’oreille à oreille. Mais, voyant que je ne comprenais pas très bien où est-ce qu’il voulait en venir, il n’a pas insisté. Quelques jours après, je suis allé lui rendre visite. Si tu t’étonnes que je sois allé rendre visite à quelqu’un comme ça, c’est que je vivais alors dans un pays où l’on voit peu les gens dans les lieux publics, les gens ont plus l’habitude de se rendre visite les uns chez les autres. Bref, je suis allé lui rendre visite et j’ai appris qu’il faisait partie d’une association qui faisait je ne sais plus quoi, précisément, mais qui était lié à l’homosexualité. J’ai vu une brochure qui était rédigée comme aurait pu être rédigée une lettre d’une jeune homo à ses parents, leur annonçant son orientation sexuelle. Donc, son association avait sans doute pour vocation de recevoir et conseiller des homos qui avaient un peu de mal avec ça. Quoi qu’il en soit, vers cette période-là je me suis dit que l’homosexualité était une curiosité tout à fait digne d’intérêt.

Quelques années plus tard, je déménageais avec Anita. Je l’ai déjà dit dans les posts qui lui sont consacrés, Anita et moi, avons appris à faire l’amour ensemble ; ce qui veut dire qu’on s’est beaucoup parlé, beaucoup racontés nos fantasmes, beaucoup exploré et beaucoup expérimenté. J’ai ainsi découvert combien j’aime me faire sucer les bouts de sein ; me faire ça en me branlant, est certainement le plus délicieux des petits plaisirs qu’on puisse me faire. On s’est aussi offert quelques délires fétichistes ; j’enfilais alors une jupe d’Anita, son porte-jarretelles et ses bas, et elle m’engodait avec une bougie. Oui, c’est que là où nous étions, il n’y avait pas de sex-shop, et je ne suis pas sûr qu’à l’époque j’aie su ce qu’était un gode.

A propos des années Anita, j’ai eu l’occasion d’évoquer Einar, un gay que j’avais rencontré en cours de Méditation Transcendantale et dont j’avais repris la chambre dans sa colocation. Les histoires de méditation transcendantale, je les ai assez vite oubliées, mais je suis resté en contact avec Einar, qui est entré dans mon cercle d’amis. D’ailleurs, il m’a présenté une fille, une grande blonde absolument sublime qui avait tenté de faire une carrière de mannequin à Paris, avec laquelle il a failli se passer quelque chose et dont j’aurais pu parler. Mais bon, ce blog n’est pas non plus une encyclopédie de toutes les filles que j’ai croisées à un titre ou à un autre. Einar était astrologue, aspirait à devenir professeur de méditation transcendantale, était passionné d’Edith Piaf et ressemblait beaucoup à Jean-Paul Gauthier jeune, quand il était mince. Un jour, où nous étions plusieurs amis ensemble, il est arrivé tout content de lui car, disait-il, il avait couché pour la première fois avec une fille. En fait, a-t-il précisé, il avait couché avec un couple, un pote et sa petite amie. Puis il a fait remarquer, enfin, que toute réflexion faite, la fille avait plus gêné qu’autre chose.

Einar et moi avions des choses en commun, et on a décidé, avec quelques autres, de monter un projet. C’est comme ça qu’un jour, on s’est retrouvés dans le studio d’Anita pour travailler et que, à la fin, l’heure étant assez avancée, il est resté dormir. Anita n’était pas là. Bien sûr, à part le projet qu’on préparait, on a parlé de sexe, Einar parlait beaucoup de sexe. Bien sûr, je l’ai vu venir de loin : au moment de l’extinction des feux, il m’a demandé si ça me gênait qu’il dorme nu, non bien sûr. Puis il a demandé s’il pouvait venir dans mon lit ; fais donc. On s’est embrassé, caressé ; je lui ai pris la bite, y ai posé des bisous, mais je ne me souviens pas de l’avoir sucé. Lui, en revanche, il a sucé, et il suçait vraiment bien. A un moment donné, il a poussé un doigt entre mes fesses, mais ce n’était pas encore le moment, et l n’a plus insisté. C’était évidemment un peu bizarre, c’était agréable, mais il y avait quand même un souci : assez rapidement, j’ai commencé à m’emmerder. Je le voyais s’agiter, ça ne m’excitait pas. Au bout d’un moment, donc, je lui ai dit que je voulais arrêter ;  il s’est branlé, pendant que j’ai continué des bisous et des caresses, et il a joui.

Deux fois dans ma vie, deux fois et pas une de plus j’ai trouvé un homme attirant. Ce alors qu’il me suffit de mettre un pied dans la rue pour voir des filles qui me plaisent. Les deux fois, ça a été à la même époque, au début de ma relation avec Pascale. Pascale, je l’ai dit, quand je l’ai rencontrée se disait lesbienne, Sonia, qui nous avait présentés, était aussi lesbienne et les deux avaient des nombreux amis gays. On entend plus ça maintenant, mais à l’époque il était courant qu’un gay, en contact avec un hétéro, lui dise un truc du genre « En fait, tu es gay, mais tu ne veux pas te l’admettre. » On fini donc par se poser des questions. Un jour que j’accompagnais Pascale à un concert, où elle prenait des photos, j’ai vu un chanteur, il était blond, les cheveux longs attachés en queue de cheval, et portait un débardeur qui mettaient en valeur son épaule et ses bras et musclés. Je l’avais trouvé sexy, mais je n’ai pas parlé avec lui. Je bossais alors sur l’île Saint Louis, où je vendais des glaces Berthillon. Je rentrais à la maison par un bus de nuit, à deux heures du matin. Plusieurs fois j’ai vu un grand noir qui, pareil que l’autre, portait un débardeur qui mettait en évidence ses muscles. Lui aussi, je l’avais trouvé attirant.

Bien des années plus tard, je crois que c’était avant la naissance de notre deuxième enfant, je me suis retrouvé seul à la maison pendant quelque temps. Je ne me souviens plus où était Pascale avec le grand, le plus probable est qu’il soient partis en vacances me laissant seul une ou deux semaines. J’étais très excité. Si j’avais su où aller et comment faire pour y entrer, choisir une fille et repartir avec, c’est-ce que j’aurais fait. Mais je ne savais pas ; en revanche, ce que je savais, parce que tout le monde le sait, c’est où trouver un homme. Lorsqu’on se promène dans le Marrais, on sent très nettement que l’on s’approche ou que l’on s’éloigne des rues fréquentés par les gays ; on le voit au magasins de mode, aux devantures des libraires, puis tout bêtement en regardant les gens. J’avais à la maison une brochure qui devait être arrivé là avec le Nouvel Obs ou quelque chose dans le genre, sur les sorties à Paris et, bien sûr, avec son chapitre sur les lieux de sortie gays. J’en ai choisi un et je m’y suis rendu le soir venu. Je ne devais pas beaucoup ressembler à un gay avec les cheveux longs que je portais à l’époque ; je ne soignais déjà pas mon look hétéro, alors, j’allais pas m’amuser à me faire un look homo. Je suis donc entré dans un bar, dont je ne me souviens plus du nom, et allé directement au zinc et demandé une bière. Je me souviens que le barman m’a regardé l’air de dire « mais qu’est-ce qu’il faut ici, celui-la ? » Je n’avais cependant pas fini d’avaler ma première gorgée de bière que j’étais déjà abordé par un type. Il était plutôt rondouillet, chauve, blond et anglais. Ou en tout cas, britannique. Pas tout à fait ce que j’étais venu chercher, mais bon, apprécier la beauté chez les hommes n’a jamais été mon fort et à vrai dire, je m’en foutais un peu. On a discuté, il m’a incité a regarder un écran sur lequel on projetait un film érotique gay soft, puis il en a profité pour m’embrasser, me mettre la main dessus, la passer sous mon haut, le soulever et sucer mes bouts de sein, en me palpant les fesses. A ce stade, ma bière était encore aux quatre cinquièmes pleine. Ah ! si on pouvait draguer les filles, ou se faire draguer par elles, comme ça, ce serait quand même le pied.

Je l’ai quand même finie, ma bière, puis on est montés chez lui. Il avait une chambre dans un foyer pour étudiants britanniques, si j’ai bien compris, et là ça n’a pas traîné. En le voyant nu, j’ai quand même eu une surprise, c’est que sa bite avait une drôle de forme, et surtout, il avait l’entrejambe dépigmentisé par endroits, en taches. Je me voyais assez mal mettre ça dans ma bouche. On s’est faits des tas de choses, il faut croire qu’il a un peu mieux su m’exciter, parce que son doigt dans le cul était assez agréable, et suçait aussi très bien. Y a pas à dire, se faire sucer par un mec, c’est quand même assez classe. Et j’ai d’autant plus apprécié que ma légitime ne le faisait quasiment jamais, et quand elle le faisait, c’était à reculons. Mais assez vite, encore, passé l’impression d’étrangeté, j’ai commencé à m’emmerder ; et j’ai fini par lui dire que ça ne le faisait pas. Il aurait voulu que je reste dormir avec lui, j’en avais pas envie, et je suis parti.

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Bisous, belle inconnue

Soda

Par Soda - Publié dans : belleinconnue
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