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Chère et belle inconnue,
Voici donc, chère et belle inconnue, un blog qui t’est dédié. Si j’ai mis ce blog en ligne, c’est, bien sûr, pour ne pas que tu le demeures, inconnue. Tu as vingt ans, ou quarante-cinq, tu as des rondeurs ou tu es mince, tu es typée européenne ou de partout ailleurs. Tu n’es pas une, bien sûr, mais toutes les femmes que je ne connais pas, ce qui en fait beaucoup.
Celles qui ne me le sont pas, inconnues, il n’y a pas tant que ça. Un de ces jours je te parlerai d’elles ; ou peut-être sur plusieurs jours, en attendant que tu te manifestes. Car ce que j’espère, bien sûr, ce que tu m’écrives et avoir l’occasion de te connaître.
Le blog commence à Les enfants ont aussi des fantasmes
Bisous à toi
Soda
Chère et belle inconnue
Je n’ai pas beaucoup souffert de la rupture avec Pascale. J’y ai même vu l’occasion de reprendre en main mon destin, certes, assez compromis au moment où je partais de chez elle en raison de mes difficultés professionnelles, mais il n’en était pas moins vrai que je recommençais une nouvelle vie et que je m’y suis lancé avec un enthousiasme certain.

A vrai dire, je ne garde pas des années Pascale le sentiment d’avoir vécu une grande histoire – quatorze ans, quand même ! – mais bien plutôt d’avoir vécu une parenthèse. Bon, ce n’est que partiellement vrai ; pendant ces années, il s’est quand même passé des choses, la plus importante étant bien évidemment la naissance et les premières années de vie de nos enfants. Pendant ces années, dans certains domaines, j’ai évolué ; je pense, j’espère, que j’ai aujourd’hui un raisonnement, politique par exemple, plus ferme et plus structuré qu’à vingt ans. Mais pour ce qui est de l’essentiel, c’est-à-dire, pour ce qui est de savoir vivre, ce qui est d’exister au milieu d’autres êtres humains, lorsque j’ai quitté son appartement, que je me suis retrouvé dans une colocation, une fois mis mes vêtements dans les tiroirs et posé mes livres sur les étagères, j’ai eu l’impression de reprendre les choses là où je les avais laissées à vingt-deux ans. Et c’était assez désagréable.
Je lis et j’entends souvent des gens parler de leurs relations amoureuses et, à la vue de l’expérience que des relations successives, avec des différentes personnes, qu’il faut à chaque fois apprendre à connaître, suivies d’autant de ruptures, de remises en cause, des pentes à remonter, je suis sidéré par la science, pour ne pas dire l’art, avec lequel beaucoup s’expriment. Je sais que j’en suis incapable ; rares sont les fois où les femmes que j’ai profondément aimées soient sorties avec moi, ni même vraiment envisagé la chose. Je manque de culture amoureuse.
Et maintenant, alors ? Qu’est-ce que je cherche ? Il serait excessif de dire que je cherche la femme de ma vie, mais un peu de culture amoureuse ne me ferait pas de mal.
Bisous à toi
Soda
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